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Pierre Sparaco - Journaliste aéronautique

Cote : 0Pierre Sparaco - biographie

Auteur : Inconnu

Description : Pierre Sparaco (prénommé Pierino à la naissance) est né le 19 mai 1940 à Verviers, petite ville francophone de Belgique. Sa mère Louise Guillaume, née en 1914, assistante sociale de nationalité belge est l’auteur de deux ouvrages, Rôle et avenir du service social d'entreprise et Le service social dans l'industrie. Son père, Vincent Sparaco, né en 1901, est un Italien flamboyant à très forte personnalité, consul d’Italie en Belgique.  Pierre naît donc Italien, la règle étant l’application du droit du sang.
Dès l’âge de 4 ans il fréquente à Bruxelles,  l’Ecole Nouvelle Amélie Hamaïde, dont la fondatrice, applique les innovations pédagogiques du Docteur Decroly. Il sait lire et écrire à 5 ans et demi et possède déjà un « vocabulaire très riche, un langage élégant » selon les observations reprises sur ses bulletins scolaires de l’époque.
 
Fin 1946, au cours  d’un voyage en Italie en compagnie de son mari, sa maman meurt à 32 ans, d’un empoisonnement. Pierre a 6 ans, et la réalité de ce décès ne sera révélée à l’enfant que très tardivement. Il sera élevé par ses grands parents, Bernard Guillaume, directeur de prison à Verviers lecteur assidu de la presse politique, citant les grands auteurs latins de l’antiquité et Hélène Demarcin, excellente pianiste, primée au Conservatoire de Liège. Son père se remariera très rapidement, officialisant ainsi l’existence d’une demi-soeur Béatrice née en 1945. Pendant toutes les années qui suivent le décès de sa maman, Pierre voit très peu son père et ce n’est qu’à l’âge adulte, après son mariage, que les relations se détendront entre les deux hommes et qu’il appréciera d’avoir une sœur.
Autour de lui, gravitent également sa tante Marie-Thérèse romancière, demi-sœur de sa maman, dont le premier roman, Les Roseaux Noirs (1938) fut finaliste du prix Femina et son mari Roger Bodart, poète et essayiste belge francophone. Une autre tante, prénommée Marcelle, religieuse chez les Bernardines Réparatrices, jouera un rôle de soutien et entretiendra avec lui une correspondance suivie. Cet environnement très cultivé, a beaucoup compté dans la naissance et le développement de son amour de la lecture et de l’écriture.
A l’âge de 13 ans, un évènement médical qui aurait dû être anodin et traité rapidement,  sera déterminant pour le choix de sa carrière et la mise en évidence de sa passion pour l’aéronautique.  Souffrant d’une crise d’appendicite prise en charge avec retard, Pierre sera hospitalisé en urgence, victime d’une péritonite.  Les règles de vie de ses grands parents, « on ne dérange pas un médecin au milieu de la nuit » auront bien malgré eux provoqué ce drame. Le jeune adolescent alité pendant plusieurs mois ratera son année scolaire. A sa demande, ses grands parents lui fourniront la collection complète de la revue « Les Ailes » qu’il avait repérée dans la vitrine d’un brocanteur de son quartier. Une passion est née.
Fort des connaissances acquises par ses lectures, Pierre crée à l’âge de 15 ans et 10 mois, soit en 1956, une association appelée SPOTTER’S INTERNATIONAL ASSOCIATION qui édite un bulletin mensuel consacré à l’aviation ; il en est le Président. Le bulletin compte quelques abonnés, s’appuie sur des correspondants et publie même des petites annonces. Il poursuivra cette activité pendant deux ans faisant déjà la preuve de son talent de journaliste et de sa maturité  hors du commun.  Car dès le plus jeune âge, Pierre allie le don de l’écriture et la fluidité du langage. Ainsi, lors des tournois d’éloquence organisés dans son école secondaire, ses condisciples demandent expressément à ce qu’il n’y participe pas ; C’est toujours lui qui gagne …
A la fin de ses études à l’Athénée Royal d’Auderghem en juin 1960, il habite avec ses grands parents rue Cardinal Lavigerie. Il envisage un temps d’entrer à l’école de journalisme de Lille projet qu’il ne pourra pas réaliser. En effet, ses grands-parents décèdent à quelques mois d’intervalle (sa grand-mère en août et son grand-père en décembre) et il se retrouve dans l’obligation de s’assumer seul.
Il a déjà écrit pour la revue belge « L’Aéronautique et l’Astronautique » au début des années 1960 avant d’être engagé par Air Revue en 1961. Il y travaillera aux côtés de Roland de Narbonne, de Pierre Jeandrain et de Pierre Regout jusqu’à son départ volontaire et son engagement par Aviation et Astronautique (plus connu sous l’appellation écourtée Aviastro) créée en 1965 par l’imprimeur belge Guillaume Coomans.
En 1962, il se marie avec Arlette Collin rencontrée en 1957 sur les bancs de l’école. Ils auront trois garçons Marco, Jean-Raymond et Jean-Michel, et une fille Véronique, et adopteront deux autres enfants Emmanuelle et Laurent. La famille s’installe tout d’abord à Woluwé Saint Lambert puis à Auderghem, communes de Bruxelles.
La signature de Pierre Sparaco apparaît dans Aviation Magazine International,  le périodique européen d’aviation qui l’avait tant fait rêver,  en mai 1969, en tant que correspondant étranger pour le Benelux (il est alors Rédacteur en chef du Magazine belge Aviation et Astronautique).  Journaliste indépendant, boulimique d’écriture, toujours domicilié en Belgique, il anime également des rubriques dans d’autres publications qui se chevauchent sans se gêner.  La Libre Belgique, le Lloyd Anversois, l’Agefi belge, L’Echo de la Bourse et il multiplie les missions aux quatre coins du monde.
Début 1972, Pierre et sa famille s’installent à Nethen, petit village du Brabant wallon, où outre ses nombreuses activités journalistiques, il sera « un acteur très présent dans la vie de son village ». Alternativement Président ou Vice-président de l’Association des Parents des Ecoles, il apporte à cette association un « soutien précieux et met à son service son sens du dialogue, son affabilité, et son humour délicat, dans l’amitié et le respect de tous ».
Sollicité en 1974 par Roger Cabiac patron d’Aviation Magazine, Pierre accepte le poste de chef du bureau de Bruxelles et quitte Aviastro après 7 ans de collaboration. Après le départ de Pierre Condom, rédacteur en chef il succède à Patrice Prévot comme rédacteur en chef adjoint du magazine. Il restera cependant domicilié en Belgique passant la semaine à Paris
Promu rédacteur en chef au décès de Roger Cabiac, en mai 1983, il s’installe à Jouy Le Moutier, près de Paris,  avec sa famille et restera aux manettes après la cession du journal aux Editions Larivière en 1985. Il lancera en 1988 la « Lettre quotidienne d’Aviation Magazine International ».
Le couple formé par Pierre Sparaco et Arlette Collin, divorce en 1991, officialisant ainsi une séparation de fait depuis 1987. Pierre épousera en 1993 sa compagne depuis 1989, Danielle Raquet née en Belgique. Ils s’installent dans le quartier Montorgueil à Paris et obtiennent la nationalité française en 1998. Pierre a fait franciser ses prénoms et devient officiellement Pierre Bernard Louis Sparaco.
 
Lorsque en 1992 les Editions Larivière revendent Aviation Magazine au groupe le Revenu Français propriétaire d’Air&Cosmos, Pierre démissionne estimant l’attitude d’Air et Cosmos trop « proche de l’industrie, exagérément hexagonal et peu enclin à traiter les sujets difficiles ».
Sans emploi, libre, il  est immédiatement approché par Donald Fink, rédacteur en chef d’Aviation Week & Space Technology, grand hebdomadaire américain qui lui propose une place dans son bureau européen, puis lui en confie la responsabilité. Pierre fût le premier journaliste non-américain engagé par cette compagnie. Expérience unique pour un francophone parfaitement bilingue,  « La presse spécialisée d’outre-Atlantique est très différente de la nôtre, plus libre et en même temps que plus rigoureuse » racontait-il à Olivier Cabiac, Rédacteur en chef d’Air Fan. « Les Américains n’aiment pas le conditionnel et ce qu’on écrit doit pouvoir être confirmé par un tiers. D’où l’usage répété du « Monsieur untel said, deux points ouvrez les guillemets », pas toujours facile à obtenir au moment du bouclage compte tenu du décalage horaire entre Paris et New York ». Ses reportages sont précis, ses analyses tranchantes.
Membre de l’Académie de l’air et de l’espace depuis 1997, prenant la suite de Lucien Robineau en tant que Président de la section V Histoire, lettres et arts, et à l’instar de ce dernier, il s’est attaché à faire, entre autre, de cette section un « lanceur d’alerte » quant aux menaces qui pèsent sur la langue française dans un secteur comme celui de l’aéronautique et de l’espace. Domination de l’anglais du fait de la prééminence industrielle des Etats-Unis, envahissement de notre langue par « d’innombrables emprunts au « Basic English » sans autre justification que la facilité  et le laxisme  » constatait il dans la préface du Lexique franglais-français des termes aéronautiques courants publié en 2009 par l’Académie.
En mai 2003, le décès dans un accident de moto de son fils Jean-Raymond âgé de 38 ans le laisse anéanti et désemparé. Il lui dédicacera son ouvrage Airbus La véritable histoire avec ces mots « A la mémoire de Jean-Raymond envolé prématurément ».
A son départ d’Aviation Week en 2005 pour cause de retraite, il conserve une « column » dans la revue qu’il animera jusqu’à son décès en 2015. Il y donne le point de vue d’un européen sur l’actualité aéronautique. Il continue à intervenir à la radio et à la télévision, où son expertise est très recherchée. Il  entame également une seconde carrière sur le web, commentant l’actualité à chaud,  dans des chroniques régulières sur le site Aeromorning.com, puis Aerobuzz.fr (septembre 2013). En parallèle, il se consacre pleinement à l’écriture d’ouvrages en y mettant toute son érudition et tout son amour de la langue française dont il était un ardent défenseur.
Pierre Sparaco s’éteint à Aix en Provence,  où il habitait,  le 3 août 2015, victime d’une leucémie décelée en janvier de la même année. Il a cependant eu la satisfaction de voir publié son dernier ouvrage consacré à la biographie d’André Turcat avec qui il a noué au fil de leurs entretiens une étroite amitié. Ce dernier disait de lui « une chance de ma vie fut de rencontrer Pierre et d’apprécier toutes les facettes d’une forte personnalité, de son jugement juste sur les gens (et aussi les choses), sans acrimonie même envers ceux qui le critiquaient »
La longue carrière de Pierre Sparaco lui aura permis de suivre le programme Concorde,   la création d’Airbus, de l’A300, la crise pétrolière dans les années 1970, la montée en puissance d’Airbus dans les années 80 et 90. Il sera témoin du premier vol de l’A380 et de l’A350. Il  sera présent  en 1969 au roll out du Boeing 747, sera un témoin privilégié du « Marché du siècle » et bien d’autres événements qu’il a relatés dans son autobiographie intitulée « 5O ans de journalisme aéronautique ».
Parmi ses collègues Pierre est reconnu pour sa grande compétence, ses connaissances, mais aussi son humilité et sa grande gentillesse. Un de ses collègues basé en Europe disait de lui, « il semblait  tout connaître et tout le monde ». Un autre le qualifiait de “gentleman journaliste”. Un autre encore du « plus brillant des journalistes aéronautiques ». Il a largement contribué à former au métier des journalistes débutants, qui n'hésitaient pas à le contacter pour obtenir ses conseils. « Il fallait le voir », dit son ami Germain Chambost « à la sortie de petits déjeuners de presse, ou de conférences de presse, prendre sur son temps (alors qu'il devait lui-même rédiger son article, ou ses articles sur le sujet) pour aider les jeunes confrères et consoeurs à interpréter ce qui avait fait l'objet des exposés. Je garde le souvenir de ces scènes-là : lui, assis en compagnie d'un ou d'une journaliste, lui fournissant les "clefs" d'interprétation ».  Son engagement dans les Rencontres Aéronautiques & Spatiales de Gimont (Une particularité dans le Sud Ouest, seul meeting aérien sans piste, sans aérodrome, sans aéroport ) procédait de la même démarche ; il y voyait un moyen de répandre l'information aéronautique vers des gens qui en étaient demandeurs.
 
Il recevra de nombreux prix couronnant l’excellence de sa carrière :
  • Prix Guynemer pour le Concorde
  • DECADE of EXCELLENCE Award from the Royal Aeronautical Society in the U.K.
  • The Lauren D.Lyman Award from the Society of Aerospace Industries Association in the U.S. en septembre 2002 pour 40 ans d’excellence en journalisme aéronautique.
  • Le Grand Prix de l’Aéro-club de France 2000 pour l’ensemble de son œuvre
 
 
Sa bibliographie :
 
  • Les avions européens – Marabout
  • Les Avions britanniques – Marabout
  • Aviation et Astronautique – Mertens
  • Charles Lindbergh, le héros de l’Atlantique Nord avec Jean-Luc Beghin, - Dupuis
  • Le F-16, vedette de l’aviation américaine, avec Jean-Luc Beghin, Dupuis
  • L’Industrie aérospatiale française, PUF/Que sais-je ?
  • Concorde, la véritable histoire, Larivière/Docavia Prix Guynemer
  • Aéronautique et espace, bilan et perspectives, Larivière/Docavia
  • Airbus, la véritable histoire, Editions Privat (français et anglais)
  • La maison Ratier, en collaboration avec Paulette Ratier et Yves Sounillac – Editions Privat
  • Snecma, les moteurs du ciel, Pascal Galodé Editeurs,
  • L’année aéronautique, Altipresse
  • Chroniques aéronautiques, tome 1 et 2, Pascal Galodé Editeurs,
  • Une épopée française, avec André Turcat et Germain Chambost, pascal Galodé Editeurs,
  • A4OOM, une saga européenne, Editions Privat (français, espagnol, anglais)
  • 5O ans de journalisme aéronautique – Pascal Galodé Editeurs,
  • André Turcat, biographie, Editions Privat.
 
Pierre Sparaco a également dirigé la collection « Aviation » des Editions toulousaines Privat.
 
 
 
 



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